Mon système pour trouver des idées créatives (et résoudre mes problèmes)

Je suis convaincu que la créativité va être la vraie valeur ajoutée de l’humain de demain.

Ca sera le domaine où on pourra réellement se distinguer, et où se situera notre plus-value.

C’est déjà le cas, mais ce n’est pas assez prononcé pour pouvoir clairement l’identifier. Il y a encore des asymétries d’informations entre les individus, mais plus pour longtemps.

Tout le monde aura bientôt accès aux mêmes informations. 

Tout le monde pourra être au même niveau théorique. 

Ce qui va nous différencier, ce sont les idées que l’on va ressortir de ces informations. La créativité dont on va faire preuve pour trouver des idées et solutions innovantes.

Le cœur de cette créativité se trouve dans la curiosité.

Dans le fait de s'intéresser à plusieurs disciplines, et d’être le pont entre chacune d'elles. 

“Si j’ai pu voir aussi loin, c’est parce que j’étais juché sur les épaules de géants”
Isaac Newton

Une idée est simplement une combinaison d’anciens éléments. La créativité de cette idée dépend de notre capacité à les connecter efficacement.

Le processus créatif comme on l’entend aujourd’hui a déjà été bien étudié. Mais en regardant ce process et les étapes, j’ai l’impression qu’il manque des éléments. Que la base est bonne, mais que la créativité sort par magie à un moment donné.

Mais ce n’est pas de la magie, ou même du hasard. Il y a bien un déroulé, des étapes à suivre pour favoriser et encourager cette créativité.

Ce n’est pas un don inné, c’est une compétence que l’on entraîne.

Prérequis

Avant de passer aux étapes, il faut prendre en compte quelques prérequis.

Le premier, c’est d’avoir un problème sur lequel travailler. Les idées et les solutions sont rattachées à quelque chose.

Un sujet.

Elles s’appliquent à une problématique. 

Si tu n’es pas dans un état d’esprit de résolution de problème, ne t’attends pas à être créatif.

La seconde chose à comprendre, c’est que les idées dépendent de ton référentiel.

Ce référentiel se compose avec : 

  • Ton expérience
  • Tes compétences
  • Tes connaissances générales
  • Tes connaissances spécifiques sur la problématique

Si on centralise tout ça, ton référentiel dépend de ce que tu fais entrer dans ton cerveau. 

Comment tu l’alimentes.

Si tu passes 10h par jour à regarder la télé, tu n’auras pas les mêmes idées que quelqu’un qui fait de longues marches, qui est curieux de tout, et qui creusent plein de sujets.

La curiosité est la base de tout.

Les étapes à suivre

1. Rassembler

L’objectif est de rassembler tout les composants qui peuvent t'être utile pour ta génération d’idées. Tu vas te créer ton propre référentiel, et donner un cadre spécifique à ta réflexion.

a) Les connaissances générales

Le premier composant est l’ensemble des connaissances de base. C'est-à-dire tout ce que tu as appris jusqu’à aujourd’hui, tes connaissances du monde. Même (et surtout) si ce n’est pas rattaché à ta thématique.

C’est ce qui va te servir pour :

  • utiliser la pensée divergente
  • créer les limites de ton référentiel

b) Les connaissances du sujet qui t'intéresse

Tu vas compléter compléter ça avec tous les éléments directement rattachés à ta thématique.

Tu auras là des connaissances beaucoup plus précises et spécialisées, sur lesquelles appliquer tes connaissances générales.

c) Les connaissances personnelles (expériences)

Le dernier composant va être d’apporter toute ton expérience personnelle. Tout ce que tu as vécu, et qui définit ton système de pensée.

C’est ce qui va permettre à l’idée d’être cadrée, mais aussi de faire sens pour toi.

2. Générer

Maintenant qu’on a rassemblé tous les composants, il faut en faire quelque chose.

Le but ici est de creuser le sujet :

  • à fond
  • dans tous les sens
  • sans se limiter

Partir dans tous les sens ne veut pas dire attaquer le sujet n’importe comment. Apporter juste assez de structure va permettre d’orienter la réflexion de manière constructive.

Le but de cette étape, c’est d’en sortir en ayant atteint une impasse.

En ayant creusé toutes les pistes, souvent sans succès. 

En général, on en sort avec l’impression d’avoir une vision du sujet encore plus flou qu’au début (c’est normal).

a) Partir des premiers principes

Pour créer une rampe de lancement, tu vas devoir identifier les premiers principes de ton domaine. 

  • Quelle est la base de ton raisonnement ?
  • Qu’est ce qui est toujours vrai ?
  • Sur quels principes fondamentaux peux-tu t’appuyer pour construire autour ?

L’objectif n’est pas de créer ses propres chaînes qui limitent sa réflexion, mais plutôt de l’encadrer pour qu’elle puisse se développer de manière cohérente.

b) Réflexion convergente / divergente

A ce niveau, tu vas utiliser et confronter 2 modes de pensées : 

  • Pensée convergente, en utilisant principalement tes connaissances précises du sujet

Cette réflexion va te permettre d’apporter des solutions ou pistes qui te semblent logiques et cohérentes par rapport à ton système de pensée.

Tu n’auras pas là des idées très innovantes, mais plutôt une approche logique et analytique. 

  • Pensée divergente, en utilisant principalement tes connaissances générales

Maintenant, tu vas essayer de croiser les domaines sans te limiter. 

Aller chercher ce qui a été fait dans d’autres domaines qui peut être appliqué au tien.

Essayer de tordre ton problème. 

De le comparer à autre chose.

De le regarder à l’envers.

Cette étape va être beaucoup plus brouillon, et c’est normal. Ici, il faut laisser passer tout ce qui arrive. Noter les idées sans te demander si ça a du sens, ou ce que tu pourras en faire.

2 règles à garder en tête pour cette étape de génération :

  • Tu cherches à faire des relations.

Vois ça comme le fait d’avoir rassemblé le maximum d’informations isolées, et le but est de les raccrocher ensemble

  • Tu cherches du volume

On veut se limiter à un cadre, mais pas à un volume d’idées. La quantité est plus intéressante que la qualité ici. Note vraiment tout ce qui te passe par la tête, sans jugement.

Pour bien comprendre cette 2ème étape, il faut y apporter des précisions.

Une bonne manière de l’approcher est de poser des questions. 

Si les questions sont de qualité, décalées, que personne ne se les a déjà posé, il y a des chances d'arriver avec une réponse que personne a eu.

Cette 2ème étape se compose principalement de réflexions divergentes, de générations d'idées.

Si tu juges ça utile, tu peux aussi réaliser une étape intermédiaire. Utiliser la pensée convergente pour créer un premier filtre sur toutes les idées générées.

Le dernier point utile à cette étape, c’est de reconnaître que la plupart des solutions innovantes dans un domaine viennent en réalité d'autre part.

Elles viennent : 

  • d’un changement de perspective
  • d’une solution annexe appliquée à notre domaine
  • d’une personne qui ne connaît pas les règles

En étant bloqué dans un jeu, ça m’est arrivé plusieurs fois d’être débloqué par quelqu’un qui n’avait jamais joué, ou qui ne connaissait même pas le jeu.

J’avais réalisé cette 2ème étape : fouiller à fond, aller partout, essayer tout ce qui me passait par la tête. Mais rien ne fonctionne, et je me retrouve bloqué, à court d’idées.

Le fait d’avoir un avis extérieur est souvent la solution, car ça apporte une nouvelle perspective. 

Une nouvelle manière de voir le problème. 

La personne n’a en général pas connaissance des règles du jeu, des limitations, des possibilités. Elle va proposer des solutions sûrement incohérentes, mais apporter une toute nouvelle perspective sans aucune barrière. 

C’est pareil dans tous les domaines.

Du coup, tu peux faire en sorte d’inclure une ou plusieurs personnes dans cette réflexion pour apporter encore plus de pensées divergentes.

3. Incubation

Une fois que tu es arrivé aux bout de ta réflexion, que tu es à court d’idées, c’est le moment de tout arrêter. 

Pause.

Mais pas une pause où tu remplis ton esprit de contenu aléatoire. Une vraie pause active.

  • Aller marcher
  • Lire
  • Faire une activité créative
  • Méditer
  • Une bonne nuit de sommeil
  • Aller faire complètement autre chose

L’objectif est de ne plus penser à ton sujet, mais de laisser de l’espace à ton cerveau pour qu’il y réfléchisse à ta place.

Le laisser faire les connexions. Avec toute ta réflexion d’avant, mais aussi avec ton environnement.

C’est la phase où tu as le moins de contrôle. Tout ce que tu peux faire, c’est optimiser comment tu alimentes ton cerveau. Ce que tu lui donnes à manger dans les phases d’avant.

Cette étape varie beaucoup en durée.

C’est aussi pour ça que la curiosité est à la base de la créativité. Si rien ne t'intéresse, que tu as très peu de connaissances sur le monde, ça va être beaucoup plus difficile d’être créatif. Il te manquera des éléments pour connecter les composants.

Tu peux être très bon dans ton domaine spécifique, mais ça ne sera pas suffisant si tu veux sortir de ce référentiel.

Il te faut une vision d’ensemble multi-domaines.

4. Déclic

Eurêka.

Tu n’as rien demandé, tu fais complètement autre chose.

Et là tu viens d’avoir une “idée de génie”. 

Une solution à ton problème qui pop de nul part.

Les moments les plus propices à ce déclic sont les phases de repos actifs. C’est dans ces moments que le Default Mode Network s’active (j’en parle ici).

C’est pas pour rien que les meilleures idées apparaissent sous la douche. 

En conduisant sur un trajet habituel. Ou en marchant.

Il y a un pattern.

Et ce pattern remet le pouvoir dans nos mains. 

On ne se réveille pas en espérant être créatif. On suit un système qui nous permet de l'être.

On “a” pas de créativité. C'est quelque chose que l'on fait.

Une fois le déclic arrivé, la pire chose à faire est de ne pas en profiter. Note-le directement, avant que la solution ne soit perdue à jamais.

5. Raffinage

La plupart du temps, les gens s'arrêtent à l’étape 4. Ils ont l’idée, super, et ça s’arrête là.

Mais souvent, cette idée doit être retravaillée pour la rendre applicable.

Ce qui nous arrive à l’étape 4 est un déclic évident, mais avec une solution floue, ou générique.

Cette dernière étape de raffinage a pour but de rendre l’idée concrète, actionnable, applicable, et utile.

Tu dois la remodeler pour l’adapter à ta situation exacte. 

Et enfin, la mettre en place.

Ce système rejoint l’idée même de ma newsletter : le theorycrafting.

Partir d’une base solide, et construire dessus. Pour innover, apporter des systèmes concrets, et résoudre des problèmes.

Résumé des 5 étapes : 

  1. Rassembler
  2. Générer
  3. Incubation
  4. Déclic
  5. Raffiner

Les étapes demandant un travail conscient de ta part sont formulées avec un verbe (étape 1, 2 et 5). 

On a moins de contrôle sur l’incubation et le déclic, mais il faut faire en sorte de créer les conditions propices et optimales.

Te voilà avec le système pour résoudre tes problèmes et avoir des idées créatives. A toi d'en faire bon usage.

Passe un excellent week-end,

L-A

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