Comment laisser ta curiosité te guider (sans finir frustré)

On nous a appris qu’il fallait choisir. Une voie, une carrière, une étiquette. Et s’y tenir. Pendant 40 ans.

Mais si tu fais partie de ces personnes curieuses, passionnées par plusieurs sujets, tu sais à quel point c’est frustrant.

Parce que "choisir, c’est renoncer".

Et renoncer à tout ce qui t’anime, ça tue à petit feu.

Je connais bien cette frustration. J’ai toujours eu une curiosité insatiable, envie d’apprendre sur tout, de toucher à tout. Mais à chaque fois, la même question revenait : "Qu’est-ce que tu veux faire de ta vie ?" Comme si je devais me limiter à une seule réponse.

Ca a été l'un des fléaux de mon existence pendant très longtemps. L'envie de tout faire, curieux de 25 domaines différents, mais l'incapacité de suivre cette curiosité correctement.

Il n'y a aucune raison assez forte pour accepter ce sacrifice sans rien dire. Aucune raison qui peut justifier le fait de ranger sa curiosité, son envie de découverte, d'expérience, et ne la ressortir que des dizaines d'années après, quand les options sont devenus limités, et qu'il y a déjà un certains nombre de choses qui ne seront plus possibles.

Pendant longtemps, je l’ai accepté. Jusqu’à ce que je réalise une chose : ce n’est pas à moi de rentrer dans une case. C’est à moi de construire un système qui me permet de suivre mes passions, à ma manière.

C’est ce système que je veux te partager aujourd’hui.

La société nous pousse à choisir. Une carrière, une spécialité, un titre. Et si tu refuses, tu es vu comme dispersé, instable, ou pire : "pas sérieux".

Mais voilà le problème : demander à quelqu’un de choisir une seule voie et de s’y tenir toute sa vie, c’est assassin. C’est tuer la curiosité naturelle, celle qui nous pousse à explorer, à apprendre, à grandir.

Résultat ? Beaucoup de gens finissent par abandonner leurs passions. Ils rayent leurs rêves de la liste, persuadés qu’ils n’ont pas le choix. Ils s’enferment dans une case qui ne leur correspond pas, et en ressortent, 40 ans plus tard, avec un profond sentiment de regret.

Et plus le temps passe, plus c’est difficile. Plus tu as de responsabilités, moins tu as de liberté. Tu accumules de la frustration, parce que tu te sens coupé de ce qui t’anime vraiment. Mais ça ne doit pas être une fatalité.

Il y a une autre voie. Une manière de gérer tes centres d’intérêt qui ne te demande pas de choisir, mais de les organiser intelligemment. Et c’est ce qu’on va explorer.

L’argent a son importance

On ne peut pas parler de gérer ses centres d’intérêt sans aborder la question de l’argent. C’est une réalité : tu ne peux pas te permettre de développer tes passions si tes besoins fondamentaux ne sont pas couverts.

C’est purement la pyramide de Maslow : tant que tu restes coincé au premier niveau, à lutter pour subvenir à tes besoins de base, tu n’as ni le temps ni l’énergie mentale pour explorer tes intérêts. Le développement personnel, la créativité, ou même la curiosité deviennent des luxes.

Léonard de Vinci est l’un des polymathes les plus fascinants de l’histoire. Il a pu explorer autant de domaines parce qu’il avait le soutien de mécènes et de la royauté. Il n’avait pas à se soucier de ses finances. Son esprit était libre de se consacrer à l’art, à la science, et à l’innovation.

Mais aujourd’hui, ça ne se passe pas comme ça.

La clé, c’est d’avoir un intérêt principal qui génère des revenus. Quelque chose dans lequel tu es naturellement bon, qui te permet d’être payé tout en gardant assez de temps et d’énergie pour explorer tes autres passions. Cet intérêt principal devient ton socle. Il te permet de subvenir à tes besoins tout en alimentant les autres aspects de ta vie.

Et ce n’est pas un sacrifice. C’est un choix stratégique. En trouvant une activité qui te correspond suffisamment pour te permettre de vivre, tu crées l’espace nécessaire pour investir dans tes autres centres d’intérêt.

L’argent n’est pas une fin en soi. Mais c’est un levier. Si tu veux explorer librement, sans te soucier de comment payer tes factures, tu dois d’abord stabiliser ce socle financier. Une fois que c’est fait, les possibilités deviennent infinies.

Le timing a de l’importance

Tu veux tout faire. Et c’est normal. Mais si tu essaies de tout faire en même temps, tu n’arriveras à rien. Le secret, ce n’est pas de renoncer, mais de prioriser.

Chaque centre d’intérêt a son moment optimal. Pour le comprendre, il faut regarder deux facteurs clés :

  • ton énergie disponible
  • le coût d’opportunité

Prenons un exemple simple : si tu es jeune, plein d’énergie, et que courir un marathon te tente, c’est probablement le bon moment. Mais si ton objectif est d’apprendre une compétence coûteuse en argent mais légère en énergie, tu peux le planifier pour plus tard quand ta situation financière sera plus solide, avec sûrement moins d'énergie vitale disponible.

Il ne s’agit pas de mettre tous tes intérêts sur un pied d’égalité, mais de définir intentionnellement lesquels ont du sens maintenant, et lesquels peuvent attendre.

Comment prioriser :

  1. Définis tes contraintes et ressources actuelles (argent, temps, énergie,…)
  2. Hiérarchise tes intérêts (en fonction de tes priorités)
  3. Planifie en fonction de ce classement (concentration sur ta priorité en planifiant le reste plus tard)

Le plus dur, c'est d'apprendre à accepter que ce n’est pas le bon moment pour tout.

Si tu rentres du travail épuisé, ce n’est peut-être pas le moment idéal pour te lancer dans un projet créatif exigeant. Mais ça ne veut pas dire que tu dois l’abandonner. Tu peux le repositionner, l’intégrer à un autre moment où tu seras mieux disposé.

Ce process n’est pas une contrainte. C’est une manière de :

  • profiter pleinement du présent
  • être 100% investi dans ce que tu fais maintenant
  • ne pas culpabiliser pour ce que tu ne fais pas encore

Avec cette approche, tu arrêtes de lutter pour tout caser dans ton emploi du temps. Tu arrêtes de te frustrer inutilement. Et surtout, tu avances. Pas sur tout, mais sur ce qui compte le plus en ce moment.

Trouver le focus dans beaucoup de domaines

Quand tu as une curiosité insatiable et plusieurs centres d’intérêt, la question qui revient toujours, c’est : comment ne pas se disperser ?

Parce que oui, tu veux tout explorer. Mais tu sais aussi que sans focus, tu n’arriveras à rien.

La clé, c’est d’aborder tes intérêts avec un Focus Cyclique (j'en parle plus en détail dans la Boussole Mentale). Ce n’est pas une question de volume horaire ou de quantité de travail. C’est une question de qualité.

Imaginons que tu veux apprendre la guitare, te former au design graphique, et écrire un livre. Si tu essaies de tout faire en même temps, chaque projet recevra une fraction de ton énergie, et aucun ne progressera vraiment. Par contre, si tu te concentres à 100% sur la guitare pendant 3 mois, tu atteindras un niveau qui te permettra de la mettre en mode "maintenance".

Ensuite, tu pourras basculer ton focus sur le design graphique, et ainsi de suite.

Le Focus Cyclique ressemble à ça :

  1. Choix intentionnel d’un centre d’intérêt principal (focus principal pendant une période donnée)
  2. Immersion complète (réel engagement pour avancer significativement, assez pour te sentir à l’aise avec le niveau atteint)
  3. Transition vers la maintenance (tu réduis ton investissement actif, tout en conservant les acquis. La mémoire musculaire et les habitudes minimisent les pertes)
  4. Reprise avec un autre intérêt (second cycle)

Et la meilleure partie, c’est que cette méthode ne va pas à l’encontre du principe du deep work. Au contraire. C’est ta capacité à te focaliser intensément qui te permet de progresser dans plusieurs domaines.

Le problème, c’est qu’on a souvent une approche purement mathématique : on se demande comment répartir nos heures entre tous nos intérêts, comme si le temps était la seule variable.

Mais ce qu’on sous-estime, c’est l’impact de la qualité des sessions. Un travail profond, avec un focus total, donne des résultats bien supérieurs à des efforts fragmentés.

C’est cette capacité à alterner entre immersion totale et mise en maintenance qui différencie ceux qui se dispersent ou non. Le polymathe ne s’épuise pas en essayant de tout faire en même temps. Il avance méthodiquement, par cycles.

Avec cette approche, tu ne sacrifies aucun de tes centres d’intérêt. Tu leur donnes juste le bon espace, au bon moment.

Gérer ses centres d’intérêt efficacement

Pendant trop longtemps, on t’a demandé de choisir. De sacrifier tes passions pour suivre une seule voie. Mais ce système, il n’a jamais été fait pour toi.

La curiosité, la polyvalence, l'envie d’explorer sont des forces, pas des faiblesses.

Si tu veux sortir des cases et suivre ta propre voie, voici un framework simple pour organiser et honorer tous tes centres d’intérêt :

  1. Reconnaître les limitations du système

Comprends que la société te pousse à te conformer. Mais tu n’es pas obligé de rester dans une case. Accepte cette idée : tu peux construire ta propre manière de fonctionner.

  1. Choisir un intérêt principal qui subvient à tes besoins

Identifie un centre d’intérêt qui peut devenir ta base financière. Celui qui te permet de stabiliser ta vie tout en libérant de l’espace mental et physique pour explorer tes autres passions.

  1. Hiérarchiser tes centres d’intérêt

Classe tes passions selon leur importance et le moment optimal pour les explorer. Demande toi :

  • Est ce que cet intérêt est important ?
  • Est-ce qu'il est prioritaire maintenant ?
  • Est ce que c'est le meilleur moment avec mon temps, énergie, et ressources actuels ?

  1. Avancer par cycles de focus et de maintenance

Concentration pendant une période définie, puis mise en maintenance. Tu maximises les résultats, en limitant les frustrations et la perte de compétences.

Tu n’as pas besoin de tout faire en même temps. Mais tu peux déjà faire beaucoup de choses avec :

  • le bon timing
  • la bonne méthode

Suis ta curiosité.

Merci d’avoir lu jusqu’au bout, et bon week-end,

LA

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