Comment développer un mindset de croissance (et pourquoi ça change tout)

Ceux qui ont l’état d’esprit fixe stagnent, les autres progressent.

Pire que ça, ils régressent naturellement, car l’entropie existe.

A l’école, on a créé des examens uniformes. Toute l’année est consacrée au test à passer. 

C’est lui qui va être le principal critère pour juger qui est intelligent et qui ne l’est pas.

Le seul objectif du prof est que sa classe réussisse le test.

Le seul objectif des élèves est de le réussir.

C’est l'environnement parfait pour créer :

  • de la honte
  • de l’humiliation
  • l’envie de tricher pour réussir au lieu de collaborer

Pourtant, l’idée de créer un environnement où le prof adore enseigner et les élèves adorent apprendre ne paraît pas si bête.

On pourrait simplement encourager l’effort, l’envie d’apprendre et de progresser.

De faire en sorte que l’examen final (si il existe sous cette forme) est simplement la conséquence indirecte de l’année d’apprentissage.

On voit cet état d’esprit aussi en entreprise. 

Elles recherchent les talents purs, avec l'objectif de dénicher les joyaux, les gens les plus “intelligents”. Si on regarde quelques années après, ils ne sont souvent plus considérés comme tel...

De l’autre côté, on a des entreprises qui encouragent :

  • les essais
  • les échecs

Et partagent ou prennent entièrement la responsabilité du résultat.

L’état d’esprit est axé sur :

  • la progression
  • le développement

Et encourage la créativité et l’innovation, notamment par le partage et la collaboration.

Demain, il n'y aura plus le choix, et ceux à l’état d’esprit fixes seront les grands perdants. Si l’envie d’apprendre et de progresser n’est pas là, l’innovation et la technologie nous enterreront.

J’ai toujours eu un “growth mindset” sur plein de choses grâce à ma curiosité. J’adore commencer de zéro, et apprendre à fond un sujet. Dans ce cas, je ne suis pas apeuré par les échecs.

Par contre, j’ai un “fixed mindset” dans d’autres domaines, où je me pense “trop nul”, “pas de talent”,… 

Ca vient souvent d’une mauvaise expérience, que j’ai mal traitée ou intégrée par la suite. Je n’ai pas retiré une leçon d’une mauvaise expérience, mais créé un traumatisme à la place.

Croissance vs Fixe

Plus concrètement, c’est quoi la différence entre ces 2 mindset ?

Avoir un état d’esprit fixe, c’est compter sur l'intelligence, le talent inné. 

C’est croire que si on est pas assez bon pour réussir quelque chose, on ne pourra simplement pas y arriver. 

C’est voir le changement et la progression comme impossibles.

L’état d’esprit de croissance, c’est au contraire favoriser l’apprentissage. 

C’est croire qu’on est capable de développer nos connaissances et compétences pour résoudre un problème donné. Peu importe la difficulté de ce problème. 

C’est encourager le travail, l’engagement, et les efforts.

Si on veut résumer ce mindset de croissance, c’est le fait de considérer un événement stressant comme une opportunité d’apprentissage et de croissance.

Je trouve que c’est une très bonne façon de le représenter, mais ce n’est souvent pas binaire.

On est pas l’un ou l’autre.

Si tu es comme moi, il y a certains domaines où tu n’as aucun problème à voir les défis comme des opportunités pour :

  • te surpasser
  • apprendre
  • développer tes compétences

Et d’autres domaines où c’est plus compliqué.

Où tu subis tes croyances limitantes.

Où tu rencontres des blocages de “je suis pas capable”, “j’y arriverais jamais dans tous les cas”, “c’est pas fait pour moi”,...

Je vois le concept d’état d’esprit fixe / de croissance comme un large spectre, où chaque domaine à son propre curseur. 

Mon objectif, c’est de déplacer ces curseurs vers la croissance autant que possible.

Ça ne juge pas un niveau de compétence. 

Ça représente un indicateur de :

  • ma volonté d’apprendre
  • ma croyance dans ma capacité de progression pour atteindre le niveau recherché

Changement de discours interne 

Pour commencer à se déplacer vers la croissance, ça commence par : 

  1. prendre conscience de son discours interne
  2. faire en sorte de le changer

Tout n’est jamais noir ou blanc. Tout est toujours en mouvement.

Je ne suis pas bon dans une compétence et nul dans un autre. J’ai un niveau de base dans les deux, et les deux sont "en cours de progression”.

Ce qui veut dire qu’il faut faire très attention à ce qu’on se dit sur soi-même. 

On arrive très vite à “je suis nul en copywriting”. Et à partir de ce moment, on est bloqué dans un état d’esprit fixe.

Pas de progression possible.

On intègre l’information comme quelque chose d’inné, sur lequel on a pas la main.

De l’autre côté, la formulation est différente.

On comprend cette information telle qu’elle est : un point de départ objectif.

“Je ne suis pas ENCORE bon en copywriting”.

Changement de formulation simple, mais très puissant.

Maintenant qu’on a un point de départ qui nous a permis de mettre en évidence une imperfection, on peut préparer un plan d’action.

On aborde cette imperfection comme une opportunité de progresser. Pas comme quelque chose à cacher. 

Le fait de ne pas être bon en copywriting n'est pas lié au destin. Ca vient simplement d’un manque de plan d’action permettant de pratiquer pour monter en compétence.

2 changements de discours interne pour passer d’un état d’esprit fixe à celui de la croissance : 

  • Constamment se demander “Qu’est ce que je peux apprendre de cette expérience ?”
  • Toujours ajouter “encore” quand on ne sais pas faire quelque chose “Je ne sais pas ENCORE faire ça”

L’indicateur pour définir son identité

Un état d’esprit fixe vient du fait de se définir par un résultat :

"J’ai échoué ici donc je suis nul (et je ne serai jamais bon)."

"Je n’ai pas réussi donc je suis stupide (et je le resterai)."

La source de cette mentalité vient souvent de l’éducation familiale et de l’école.

Quand on est petit, tes profs ou tes parents t'ont dit : “T’es très intelligent, t’as trouvé tout de suite”.

Ce qu’on entend réellement : 

  • “Si je trouve pas tout de suite, je suis stupide”
  • “Si ca me demande des efforts, je suis pas intelligent”

Dire à ses enfants qu’ils sont intelligents est contre-productif.

Ça les rend apeurés des challenges. 

Ils s’identifient à cette intelligence, à la réussite, et feront donc tout pour éviter l’échec.

Il y a même eu une étude qui démontre que l’une des conséquences est la volonté de tricher pour rester accordé avec cette identité (lien de l’étude ici).

Au lieu de ça, il faut s'intéresser aux efforts mis en place.

En se détachant du résultat, encourager les inputs, tout ce qui vient en amont : 

  • Effort
  • Progrès
  • Process
  • Stratégie 
  • Persévérance

“No matter what your ability is, effort is what ignites that ability and turns it into accomplishment.”
Carol S. Dweck

On encourage le fait de progresser et d'apprendre. 

On donne plus d'importance à ces critères, plutôt que d'avoir l'air intelligent ou de prétendre savoir.

La clé ici vient vraiment du fait de se détacher des résultats.

  • Déclencher le circuit de récompense avec l’effort mis en place
  • Déclencher la dopamine lors de la confrontation à des obstacles

La croissance, c’est reconnaître qu’on est constamment en cheminement. En progression. Et donc on se concentre sur les efforts.

C’est aussi ce qu’il faut analyse.

Si t’as un examen à la fin de l’année que tu réussis en ayant 10/20, tu vas créer un plan d’action pour réussir.

Tu vas établir une stratégie, définir un objectif, et y associer des actions à faire.

Tout ça, c’est ton effort en entrée.

Le fait de réussir ou non à la fin de l’année est un simple indicateur de : 

  • la qualité de ton plan
  • ta capacité à le suivre
  • les efforts que tu as fournis
  • ta persévérance

Ce n’est pas un indicateur qui change ton identité, qui te rend bête ou incapable.

C’est simplement un feedback pour itérer et améliorer ton système.

Gestion de l’échec et de la peur

La peur de l’échec est directement liée à l'état d'esprit.

Pour développer un état d’esprit de croissance, il faut intégrer ces idées : 

  • Un échec est simplement la Xème tentative
  • Chercher à capitaliser sur ses erreurs
  • Les erreurs sont une part intégrante et indispensable à l’amélioration

Le changement de comportement qui s'ensuit change absolument tout : 

  • Soit on essaye d’éviter de faire des erreurs à tout prix
  • Soit on accueille le challenge comme une opportunité

L’idée générale est de comprendre que l’échec devrait être une partie du process. 

La question n’est pas comment l’éviter, mais comment bien en profiter.

Et pour les utiliser pleinement, j’ai 3 questions que je me pose à chaque analyse : 

  1. Pourquoi je n’ai pas réussi ?
  2. Qu’est ce que je peux apprendre ?
  3. Comment je peux ajuster pour la prochaine fois ?

Avec ça, j’ai : 

  1. Une analyse du passé
  2. Les opportunités de progression
  3. Un plan d’action pour mieux réessayer 

L’impact sur l’apprentissage

Tous ces changements de comportement font une énorme différence sur tout ce que tu apprends et comment tu progresses. Quel que soit le domaine.

Ces comportements viennent de tes croyances. C’est elles qu’il faut changer.

Croire que tout est inné et immuable, c’est avoir perdu d’avance.

C’est croire que tu es né avec des stats de base dans tous les compartiments de vie, et que tu auras ces mêmes stats à ta mort.

Imagine juste la différence sur 20 ans entre cette mentalité et quelqu’un qui voit son cerveau et ses compétences comme un muscle.

Qui cherche des difficultés, analyse ses échecs, et itère à chaque répétition. Et qui level up naturellement à chaque itération.

C’est valable pour absolument tous les domaines de la vie, si on les voit comme des compétences à développer.

Et même si tu avais des meilleures stats de base qu'une personne qui cherche à se développer. Je t’assure que tu passeras très très vite derrière.

Efforts > Inné

Oui, l'inné et la biologie jouent un rôle. Mais il reste très minime comparé à cette différence de croyances.

Le talent est simplement la ligne de départ. Le reste, c’est de l’engagement et de la persévérance.

 Une seule chose à retenir de tout ça : si t'as le choix entre une situation facile que tu connais et du challenge, choisis le challenge.

C’est la source de progression. 

Et sans progression, on ne stagne pas, mais on décroît. Car l’entropie existe.

En avoir conscience

Je reviens sur le discours interne. La première chose à faire pour changer d’état d’esprit, c’est d’en avoir conscience.

Si je n’ai pas conscience d’avoir un mindset fixe pour apprendre le piano, et que, sans m’en rendre compte, je me suis persuadé que j’étais nul dans tous les cas, que c’est pas fait pour moi,... Ça va être très dur de progresser.

Donc :

  • prendre du recul
  • commencer à se poser des questions

Identifier les sphères de vie et les compétences où tu as des croyances limitantes qui t'empêchent de progresser.

Puis à ce moment-là, travailler pour changer ton discours interne. Ta manière de voir ta capacité à progresser dans telle ou telle compétence.

Je suis persuadé que c’est l’une des notions les plus importantes à maîtriser et intégrer, car : 

  • C’est elle qui fait déjà toute la différence pour progresser et atteindre ses objectifs
  • C’est elle qui sera bien plus importante dans les années à venir avec l’avancée technologiques, l’automatisation, et l’évolution

Ça ne développe pas qu'une compétence spécifique. 

Ça développe notre capacité à résoudre des problèmes, qui sera la clé de demain si ce n’est pas déjà le cas.

Ok, on va rendre ça plus concret.

Pour passer d'un mindset à l'autre, voici mon framework :

  1. Prise de conscience

La possibilité même du fait de progresser dans quelque chose vient du fait de le croire.

De tes croyances.

La première étape pour ça est simplement de reconnaître que ça existe.

Reconnaître que tu peux progresser.

Que ta progression ne dépend pas de ta génétique.

Reconnaître la neuroplasticité. Le fait que tu es capable de modifier et de remodeler ton cerveau pour créer des nouvelles connexions liées à une compétence.

Au début, ne cherche pas à changer ton comportement. 

Pose toi en spectateur.

Observe ton discours interne sur la compétence que tu veux développer, et détecte les signes et patterns d’un état d’esprit fixe ou de croissance.

Avec ça, tu auras les clés pour savoir où travailler.

  1. Changement de discours interne

Une fois que tu as une vision claire de :

  • tes blocages
  • des aspects qui limitent ta progression
  • tes croyances limitantes

Tu vas pouvoir commencer à les changer.

Tu peux te concentrer sur 2 choses : 

a) Change toutes tes formulations quand elles sont limitantes : “Je suis nul en vente devient “Je ne suis pas encore bon en vente”

Ce simple changement transforme un fait immuable en potentiel à développer

b) Détache toi de ton identité

Le résultat vient d’un process et des efforts mis en place, pas d’une identité.

  • Si tu réussis, ça ne veut pas dire que tu es quelqu’un d’intelligent. Ça veut dire que ton système est bon et que les efforts ont suivis.
  • Si tu échoues, ça ne veut pas dire que tu es stupide. Ça veut dire que ton système est mauvais, ou que les efforts sont à améliorer.

  1. Avoir un objectif

Toute progression part d’un objectif.

Tu ne vas pas t’améliorer en vente si tu n’en fait pas un objectif.

Définis clairement cet objectif, le niveau à atteindre, la deadline, et détaille ton process pour y arriver.

  1. Chercher le challenge

Par définition, cet objectif correspond à quelque chose que tu ne sais pas faire ou que tu ne maîtrises pas bien.

Si tu veux développer quelque chose, ton meilleur ami est l’inconnu. Ta zone d’inconfort.

Personne ne progresse en faisant pendant 20 ans quelque chose qu’il sait déjà parfaitement faire.

Accueillir l’inconfort signifie accueillir l’échec. Tu ne devrais pas en avoir peur, mais le chercher. 

C’est un signe important qui te signale une opportunité de progression.

Le meilleur endroit pour progresser, c’est la zone de flow.

Fais en sorte de passer ton temps sur des activités juste assez challengeantes qui ne te découragent pas, mais qui sont assez difficiles pour te motiver.

Si tu veux de l’inspiration sur l'échec et l’inconfort, je pense qu’il y a pas meilleur exemple que David Goggins.

  1. Analyse et itération

Comme tout système, il a besoin d’être raffiné. Optimisé.

  • Est ce que tu as atteint ton objectif ?
  • Est ce que ton système est performant ?
  • Comment tu peux l’optimiser ?
  • Comment tu peux l’appliquer dans un autre domaine ?

Le résultat est un simple indicateur sur la stratégie utilisée.

Pas un jugement de valeur.

Pas une attaque sur ton identité.

Un simple indicateur qui te dit si tu es sur la bonne voie, et qui te donne des indices sur comment encore t’améliorer.

C’est tout pour aujourd’hui !

Passe un très bon week-end,

L-A

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