3 mois pour changer de vie (la réalité du monk mode)

Pour beaucoup, l’hiver est la pire période de l’année.

Il fait nuit quand on se lève.

Nuit quand on rentre chez nous.

Il fait froid...

Il pleut....

Difficile de se motiver dans cet environnement. Difficile de garder une discipline.

Pourquoi aller à la salle sous la pluie quand on peut rester au chaud chez soi devant Netflix ?

Aujourd’hui, on va creuser un sujet de plus en plus tendance mais souvent très mal abordé : le monk mode.

Ca rejoint le winter arc, qu'on a vu passer partout il y a quelques semaines pour "tout déchirer sur cette fin d'année".

C’est une approche très vendeur, car ça promet une solution à une cible déprimée.

Je trouve le fond et l’objectif très intéressant, mais la forme est souvent catastrophique. En suivant la majorité de ce qu’on peut entendre, tu finiras encore plus déprimé et isolé qu’avant.

Du coup, je garde la base, mais avec une autre approche…

Aujourd’hui, le monk mode et le winter arc sont utilisés pour la même chose : utiliser une période (de 3 à 6 mois) pour en faire le plus possible. Pour se couper du monde, de toute les distractions, et créer “une nouvelle version de soi”.

Personnellement, je trouve que ces 2 notions sont bien différentes.

Le winter arc est là pour rattraper le retard pris pendant l’année et permet de finir cette année en s’acharnant sur le travail (raison pour laquelle c’est souvent utilisé de manière malsaine).

Le monk mode m’intéresse déjà beaucoup plus. Théoriquement, c’est un concept lié à une philosophie, un mindset, plutôt qu’une occasion d’accumuler les tâches.

Je suis le premier à dire qu’il faut des périodes obsessionnelles pour obtenir des résultats significatifs (j’en parle d’ailleurs ici).

Que l’équilibre doit être trouvé d’une manière globale, pas forcément en tout temps et sur un axe de temps quotidien.

A ce niveau, le concept même du monk mode ou du winter arc ne me dérange pas. Je le considère même comme une bonne stratégie (si c’est bien fait).

Cette période d’obsession ne doit pas être au détriment de tout le reste. C’est ce qui fait la différence avec toutes les approches qu’on voit arriver pour le winter arc à chaque début d’hiver.

C’est une bonne base pour éliminer les distractions et se concentrer profondément sur une idée ou un objectif. Mais ça doit viser la croissance personnelle, la créativité et la productivité, en se détachant temporairement du monde extérieur, plutôt que l'effort acharné sans aucune autre considération.

Et je ne parle même pas de ceux qui annoncent un monk mode qu’on voit toujours très actifs sur les réseaux sociaux...

Ce qui me dérange le plus, c’est de voir ce qu’il se passe à la fin de la majorité de ces périodes.

Souvent, le choix de se lancer là dedans se base sur les mauvaises raisons. Tu le fais parce que tu es frustré, en retard sur tes objectifs, tu essaies de combler un manque.

Ca a 2 conséquences :

  • La méthode est beaucoup trop déséquilibrée
  • Après ça, on retombe sur le même style de vie

  1. La méthode est beaucoup trop déséquilibrée

Souvent, la source de motivation est mauvaise...

On essaye de combler un manque. On est pas propulsé par une détermination saine, on court pour échapper à des peurs, la honte, et le regard des autres. La peur n’est pas mauvaise en soi, mais c’est une des raisons pour lesquelles on construit cette période de la mauvaise manière.

Le contrat de base est déséquilibré. On délaisse tout le reste pour se concentrer sur une seule chose. On passe tous ces domaines à zéro, au lieu de les garder en maintenance (j’en parle ici).

On se focus sur un volume de travail, au lieu de se recentrer sur nous même. De chercher un alignement.

Le fait de réduire les interactions sociales n’a pas pour but de les éliminer, mais de :

  • se recentrer sur soi
  • être plus présent et intentionnel dans ses relations

En plus de ça, on voit souvent la mentalité “tout ou rien”. Il n’y a aucun droit à l’erreur. La conséquence, c’est souvent l’abandon dès qu’on arrive pas à faire une chose qu’on avait prévu...

  1. Après ça, on retombe sur le même style de vie

Avec cette approche déséquilibrée, la conséquence est toujours la même.

On ne finit pas par “changer de vie” ou “atteindre une meilleure version”.

On subit un effet yoyo. On reprend les mauvaises habitudes (souvent en pire pour compenser). On gère mal la réadaptation. Cette période de concentration devient anecdotique, au lieu de définir notre nouvelle base et identité.

Et un an plus tard, on se retrouve dans la même situation. On est en retard sur les objectifs qu’on s’est fixé. On a pas fait de qu’on avait prévu. Surtout, on est pas devenu la personne qu’on voulait devenir. Et on recommence. 3 mois pour en rattraper 9 de mauvaises habitudes.

Le but ne devrait pas être de rattraper un mauvais style de vie, mais d'en créer un nouveau grâce à une meilleure compréhension de soi (par le biais de la productivité et de la créativité).

Comment bien faire un monk mode ?

Je suis un grand fan de voir la vie en saison. Il y a un temps pour tout. Un équilibre général à trouver, sans pour autant le chercher ponctuellement et en tout temps.

Je suis aussi persuadé que le meilleur moyen d’obtenir des résultats significatifs passe par une période d’obsession. De concentration intense sur un seul objectif.

Avec ça, l’approche du monk mode est parfaitement alignée sur cette vision. Il permet d’avoir un seul focus, une clarté parfaite et une seule direction pour être obsédé pendant 2/3 mois.

SI il est bien réalisé…

L’objectif est de créer un momuntum. La “récompense” doit être le développement d’un état d’esprit, pas la réalisation d’un objectif de travail temporaire.

  1. Pourquoi tu veux le faire ?

Il faut déjà s’assurer que ça vienne de toi, que tu le fais pour tes propres raisons, pas celles d’une pression extérieure.

Pas parce qu’on t’as dit de le faire.

Ou qu’on trouve ça “cool”.

Ou que tu cherches à être félicité, admiré ou autre.

  1. Définis le cadre

On pense qu’on va changer de vie en passant d’un mauvais rythme à un rythme parfait.

On veut passer de rien à 100% d’habitudes saines.

Passer de réveil à 14h avec encore 3 grammes sans le sang à lever 5h du matin 100% focus.

Dans le meilleur des cas, une solution comme ça est un pansement temporaire. La majorité du temps, c’est une volonté qui crée de la frustration de ne pas y arriver. Et un retour aussi vite aux anciennes habitudes.

Pour faire correctement ce monk mode, il faut un cadre.

Il faut déjà définir la durée. A toi de la définir, mais elle doit être assez longue pour avoir des résultats, mais pas trop pour se détacher de la réalité.

Pour moi, la durée parfaite est d’environ 3 mois.

Ca ne veut pas dire que 3 mois est la durée max par an. Mais plutôt qu’après cette période, une réelle pause est bénéfique. Selon tes critères, tu peux très bien te construire un rythme de 3 mois en monk mode suivi d’1 mois d’ouverture aux autres, de voyage,...

Et répéter cette boucle à l’infini.

Garde en tête que c’est une histoire de transformation, pas d’hibernation. Ca ne doit pas devenir une excuse et justifier le fait de s’isoler complètement (et même rendre ça noble). Surtout sur une période de 6 mois ou plus.

  1. Clarifie ton objectif

Le monk mode est une question de concentration.

Et ce focus vient avec un objectif en tête.

Ca vient en contradiction avec ce qu’on peut entendre “3 mois de monk mode et révolutionne tous les domaines de ta vie”. Il n’y a aucune notion de focus ici.

Ca ne veut pas non plus dire délaisser tout le reste pour une seule et unique chose. Mais c’est pourtant ce qu’on voit partout.

L’objectif, c’est plutôt de concentrer son attention et ses efforts dans un domaine précis, en mettant le reste en maintenance. Pas à zéro.

C’est une période qui doit permettre de prendre du recul. De s’auto-examiner. C’est l’étape nécessaire pour :

  • prendre conscience des éléments à ajuster
  • commencer à travailler dessus
  • optimiser

Ce n’est pas “dire non à tout”, c’est dire oui au fait de se recentrer sur soi-même.

Le monk mode est une manière de faire ressortir ce qui a le plus d’importance pour toi. C’est une période qui pose la question :

“Quelle est l’unique chose qui a le plus d’importance pour moi et que je souhaite développer?”

Tu peux définir ici un objectif quantifiable, mais concentre toi surtout sur tes inputs (les efforts en entrée).

  1. Définis tes propres variables

Ces “efforts” passent par la définition de tes variables pour la période en question.

Le monk mode doit être utilisée comme un outil à ton service. Chacun a des objectifs différents, donc ça ne fait aucun sens d’appliquer bêtement le paramétrage de quelqu’un d’autre.

Il faut le personnaliser en définissant ses propres variables.

Quels sont tes règles ? Définis les barrières pour t’aider à aller dans la bonne direction et atteindre l’objectif que tu t’es fixé.

Ca passe par une sélection de non négociables.

En général, il y en a 3 qui ne bougent pas :

  • activité physique quotidienne
  • alimentation saine
  • sommeil 7/8h

Si tu respectes ça pendant plusieurs semaines, ça changera déjà tout. Le reste sera plus facile, plus de clarté, plus de focus, meilleur humeur,... Tout sera juste plus facile.

Pour le reste, l’idée est justement de le personnaliser. Quel est ton objectif, et comment y arriver ?

Ca peut être arrêter de regarder Netflix si tu veux stopper cette habitude.

Ca peut être de la méditation quotidienne. Ca peut être réduire sa consommation de café, définir une durée minimum de deep work, un objectif de pas quotidien,…

La seul chose à garder en tête, c’est de penser en input, pas en résultat. On veut définir ce qu’on met en entrée, ce sur quoi on a le contrôle.

  1. Engagement

Une fois que tout est bien défini, il reste plus qu’à passer à l’action.

Pour moi, l’engagement envers soi-même est l’une des choses les plus puissantes. Tu te mets toi-même au défi, et ça vient titiller l’égo de manière saine.

Tu peux aussi trouver de “l’accountability” autre part.

Explique tout ça à quelqu’un, et assure toi qu’il vérifie que tu fais bien ce que tu as prévu. C’est une pression supplémentaire pour faire en sorte de rester dans les bons rails, sans disgression.

  1. Réintégration

La fin de cette période est clé, car il y a 2 sorties :

  • La réintégration saine de ton mode de vie
  • La compensation de X mois de frustration

Si tu ne sais pas bien comment faire la transition, c’est un outil qui peut devenir néfaste, contre-productif, voire dangereux.

C’est aussi pour ça qu’il faut revenir aux principes de base.

Le “monk” mode, par définition, doit favoriser l’introspection. Il doit être utilisé pour se recentrer, et nettoyer le carburant de ton cerveau (= ce que tu consommes quotidiennement) autant en nutrition qu’en information.

Pour cette raison, j’adore l’approche par saison, en regardant l’évolution comme un cycle.

C’est une périodisation de l’amélioration de ses compétences.

C’est tout pour aujourd’hui, merci d’avoir lu jusqu’au bout !

Très bon week-end,

LA.

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